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Les scientifiques reconnaissent que les terres aux mains des autochtones mettent fin à la crise climatique

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Nous partageons une déclaration importante du récent rapport "Le changement climatique et la terre", qui rappelle que la reconnaissance des droits à la terre et aux forêts des peuples autochtones fait partie d'une solution efficace pour arrêter la crise climatique.

Le rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) présenté le 8 août fait référence, pour la première fois, au rôle crucial que jouent les peuples autochtones et les communautés locales dans la préservation des écosystèmes et la prévention des la déforestation.

Ceci est souligné par Alain Frechette, directeur de l'analyse stratégique et de l'engagement global, de la Rights and Resources Initiative (RRI, selon son acronyme en anglais), et qui a plus de 25 ans de service dans la gestion des ressources naturelles, la conservation de la biodiversité et changement climatique.

Ci-dessous nous reproduisons quelques réflexions d'Alain Fréchette puis la déclaration à l'occasion du reportage.

Une déclaration des peuples autochtones et des communautés locales sur le rapport spécial du GIEC sur le changement climatique et les terres

Par Alain Frechette

Nous avons reçu beaucoup de mauvaises nouvelles concernant la météo. L'année dernière, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) des Nations Unies nous a avertis que nous avons 12 ans pour prévenir les pires effets du changement climatique. Les scientifiques préviennent désormais que l'infrastructure politique pour nous aligner sur ces objectifs doit être en place d'ici 2020, à un moment où trop de dirigeants mondiaux semblent réticents à agir.

Le rapport du GIEC d'aujourd'hui est un rappel critique par les plus grands scientifiques du monde qu'une solution efficace à cette crise existe déjà: la reconnaissance des droits des peuples autochtones et des communautés locales qui ont pris soin des forêts du monde pendant des générations.

Pour la première fois, le rapport du GIEC évoque le rôle crucial que jouent les peuples autochtones et les communautés locales du monde dans la préservation des écosystèmes et la prévention de la déforestation, deux éléments essentiels à la lutte mondiale contre le changement climatique.

Nous en avons vu les preuves accablantes pendant des années, et la communauté politique ne peut plus se permettre de retarder l’action visant à reconnaître les droits fonciers communautaires sur la terre afin de garantir notre avenir collectif.

En réponse au rapport, les organisations et réseaux autochtones et communautaires, représentant 42 pays couvrant 1,6 milliard d'hectares de forêts, dont 76 pour cent des forêts tropicales du monde, ont publié une déclaration. Sa déclaration met en évidence la science derrière ce qui a toujours été connu et se termine par des recommandations concrètes pour les décideurs.

Le GIEC est d'accord avec les peuples autochtones et les communautés locales * sur le changement climatique

Déclaration des peuples autochtones et communautés locales de 42 pays, plus de 1600 millions d'hectares de terres gérées par les peuples autochtones et les communautés locales et 76% des forêts tropicales du monde, sur le rapport spécial sur le changement climatique et le Terre du GIEC.

Enfin, les meilleurs scientifiques du monde reconnaissent ce que nous avons toujours su.

Nous, peuples autochtones et communautés locales, jouons un rôle essentiel dans la gestion et la sauvegarde des terres et des forêts du monde. Pour la première fois, le rapport du Groupe d'experts international sur l'évolution du climat (GIEC) publié aujourd'hui reconnaît que le renforcement de nos droits est une solution essentielle à la crise climatique.

Le rapport indique clairement que la reconnaissance des droits des peuples autochtones, des communautés locales et des femmes au sein de ces groupes à travers le monde est une solution climatique évolutive, et que tous les acteurs doivent nous associer à l'action pour protéger le climat. . Nos connaissances traditionnelles et la gestion durable des terres et des forêts du monde sont essentielles pour réduire les émissions mondiales afin de limiter l'augmentation de la température mondiale à 1,5 degré d'ici 2030. Nous avons pris soin de nos terres et forêts, et le biodiversité qu'ils contiennent, depuis des générations. Avec le soutien approprié, nous pouvons continuer à le faire pour les générations à venir.

Comme le reconnaît désormais le GIEC, un corpus substantiel et croissant de littérature scientifique démontre notre rôle critique en tant que gardiens des terres et des forêts du monde. Voici ce que les preuves montrent:

1. Des droits communautaires sûrs sur la terre et les ressources sont essentiels pour la gestion durable et la conservation efficace des forêts. Les forêts légalement possédées ou désignées pour être utilisées par les peuples autochtones et les communautés locales sont liées à:

  • Réduction des taux de déforestation et de dégradation des forêts.
  • Moins de conflits, d'appropriation illégale et de changement à grande échelle dans l'utilisation des terres / la couverture des terres.
  • Moins d'émissions de carbone et plus de stockage de carbone.
  • Un investissement accru dans les activités d'entretien des forêts.
  • Meilleure conservation des forêts et de la biodiversité.
  • Mesures de restauration des forêts plus équitables et durables.
  • Plus d'avantages pour plus de gens.
  • De meilleurs résultats au niveau social, environnemental et économique en général que dans les forêts gérées par des entités publiques ou privées, y compris les aires protégées.

2. Nous gérons au moins 22% (218 gigatonnes) du carbone total trouvé dans les forêts tropicales et subtropicales (y compris les sources de surface et souterraines).

  • Au moins un tiers de ce carbone - et probablement beaucoup plus - se trouve dans des zones où nous n'avons pas de droits fonciers officiellement reconnus. Le manque de reconnaissance juridique de nos droits laisse nos forêts vulnérables aux projets destructeurs pour l'environnement qui dévastent les forêts et libèrent d'énormes quantités de carbone dans l'atmosphère. [X]
  • La reconnaissance juridique de nos droits fonciers et le soutien de nos initiatives sont essentiels au succès des mesures mondiales visant à atténuer le changement climatique.

3. Les terres des peuples autochtones recoupent environ 40% de toutes les aires protégées et plus de 65% des terres les plus reculées et les moins habitées du monde.

La protection des droits des communautés sur les terres qu'elles gèrent habituellement est essentielle pour protéger la biodiversité mondiale, conserver les écosystèmes menacés et restaurer les terres dégradées.

  • Les peuples autochtones et les communautés locales sont si efficaceset souvent mieux - pour protéger la biodiversité comme les aires protégées contrôlées par l'État.
  • La diversité culturelle et la diversité biologique sont fortement intégrées: des droits fonciers sûrs sont fondamentaux pour notre gestion durable de la nature, et le maintien de nos systèmes de savoirs traditionnels est essentiel à la conservation de la biodiversité et à une gouvernance environnementale efficace en général.

4. La liberté de nous gouverner, de tirer parti de nos connaissances traditionnelles et de nous adapter à notre situation changeante est essentielle pour parvenir à un avenir plus durable et plus résilient au climaten particulier grâce au leadership des femmes et des communautés autochtones.

5. Cependant, jusqu'à présent, nos contributions ont été négligées. Malgré le fait que les peuples autochtones et les communautés locales sont propriétaires coutumiers de plus de 50% des terres du monde, les gouvernements reconnaissent formellement notre propriété de seulement 10%. Les femmes de nos communautés - qui jouent de plus en plus de rôles importants en tant que dirigeantes, gestionnaires forestiers et fournisseurs économiques - sont encore moins susceptibles de voir leurs droits reconnus.

Dans de nombreux endroits, l'infrastructure juridique pour reconnaître les droits est déjà en place: les forêts communautaires légalement reconnues ont augmenté de 40% (150 millions d'hectares) au cours des 15 dernières années. Nous pourrions réaliser plus du double de ces progrès - et profiter à 200 millions de personnes - si la législation existante était mise en œuvre dans seulement quatre pays (Colombie, RDC, Inde, Indonésie).

Cet écart entre nos droits légaux et coutumiers nous rend vulnérables, ainsi que nos terres, aux menaces croissantes de la production agro-industrielle, des pratiques minières et forestières destructrices et des développements d'infrastructures à grande échelle, et nous sommes confrontés à une criminalisation accrue et violence face à nos efforts pour protéger la Terre Mère. Au moins 365 défenseurs des droits fonciers ont été tués depuis la signature de l'Accord de Paris, et beaucoup d'autres ont été victimes de violences et de poursuites inéquitables.

Au contraire, là où nos droits sont respectés, nous proposons une alternative aux modèles économiques qui nécessitent des solutions de compromis entre environnement et développement. Nos connaissances traditionnelles et notre vision holistique de la nature nous permettent de nourrir le monde, de protéger nos forêts et de maintenir la biodiversité mondiale. Le plein respect des droits des peuples autochtones, des communautés locales, et en particulier des femmes qui les habitent, représente la plus grande opportunité au monde - en termes de superficie et de nombre de personnes touchées - de faire progresser le climat mondial et les objectifs de développement.

Pour capitaliser sur la solution que nous proposons, nous exhortons les gouvernements, la communauté internationale et le secteur privé à se conformer au plus haut niveau du droit international, des normes et des meilleures pratiques dans toutes les actions et investissements dans les paysages ruraux. Dans cette optique, nous invitons les acteurs à:

  1. Accroître considérablement la reconnaissance de nos droits à la terre et aux forêtsgrâce à un soutien accru aux organisations autochtones, communautaires et de la société civile pour mettre en œuvre les lois existantes et promouvoir une législation qui reconnaît les droits. Cela comprend la reconnaissance des droits coutumiers des peuples autochtones et des communautés locales à gouverner leurs terres.
  2. Garantir notre consentement libre, préalable et éclairé (FPIC)dans le cadre d'un cycle continu de participation à des activités menées sur ou qui affectent nos terres, territoires et ressources coutumières.
  3. Accorder la priorité aux investissements bilatéraux et multilatéraux dans les initiatives autochtones et communautairesréduire les émissions dues à la déforestation, renforcer les mesures de conservation et de restauration communautaires et améliorer l'utilisation durable des terres. Trouver des moyens de garantir que le financement international pour l'atténuation et l'adaptation au climat atteigne les communautés sur le terrain qui peuvent en tirer le meilleur parti.
  4. Mettre fin à la criminalisation et aux poursuites contre les peuples autochtones et les communautés localesqui défendent leurs terres, leurs forêts et leurs ressources naturelles.
  5. Soutenir les partenariats existants et développer de nouveaux partenariats qui permettent nos connaissances traditionnelles et nos expériences pratiques en matière de gestion des terres et des forêtsinformer les efforts actuels et futurs de lutte contre le changement climatique.
  6. Reconnaître et soutenir les droits des femmes autochtones et communautaires à posséder, gérer et contrôler les terres, les forêts et les ressources qui forment la base de leurs moyens de subsistance, du bien-être de la communauté et de la sécurité alimentaire.

Source: Servindi


Vidéo: Documentaire Collapse, France4 (Mai 2022).